J’aimerais m’attaquer à un dossier qui me semble capital pour l’évolution de l’intelligence économique, celui du web sémantique. Décrit comme le futur du Web 2.0 par certains, ou la vrai révolution pour d’autres, il convient de toute façon d’expliquer ce que c’est !
Le Web sémantique désigne un ensemble de technologies visant à rendre le contenu des ressources du World Wide Web accessible et utilisable par les programmes et agents logiciels, grâce à un système de métadonnées formelles, utilisant notamment la famille de langages développés par le W3C.
Le Web sémantique est entièrement fondé sur le Web et ne remet pas en cause ce dernier. Le Web sémantique se base donc sur la fonction basique du Web « classique » : un moyen de publier et consulter des documents. Mais les documents traités par le Web sémantique contiennent non pas des textes en langage naturel (français, espagnol, chinois, etc.) mais des informations formalisées pour être traitées automatiquement. Ces documents sont générés, traités, échangés par des logiciels. Ces logiciels permettent souvent, sans connaissance informatique, de :
- générer des données sémantiques à partir de la saisie d’information par les utilisateurs ;
- agréger des données sémantiques afin d’être publiées ou traitées ;
- publier des données sémantiques avec une mise en forme personnalisée ou spécialisée ;
- échanger automatiquement des données en fonction de leurs relations sémantiques ;
- générer des données sémantiques automatiquement, sans saisie humaine, à partir de règles d’inférences.
Ces nouveaux protocoles de communication et langages standards permettent le développement de nouveaux usages qui rendent concrète la notion d’intelligence collective (voir mon billet sur la maîtrise de l’intelligence collective). C’est notamment le cas du « social bookmarking », de la recherche sociale
Vous l’aurez compris, c’est quand même une vision assez nouvelle, d’aggréger les données alors qu’elle peut être l’utilisation .
Aujourd’hui le web exige de consulter d’interminables listes de vols, d’hôtels et d’offres de location de voiture pour trouver son bonheur. Mais demain, il se sera doté d’une forme d’intelligence globale et collective, capable de répondre en faisant une proposition de voyage complète. C’est ce que certains appellent déjà le “web 3.0″, ou mieux encore, l’internet 3.0 (oui car cela prends en compte les serveurs et machines et pas seulement des liens et pages).
Le web sémantique défendu par Spivak regroupe un ensemble de nouvelles technologies qui rendent les logiciels plus intelligents, en leur permettant de comprendre et de raisonner sur toutes les données et les connaissances disséminées sur le réseau mondial.
Sa société Radar Networks, qui n’a pas encore dévoilé les applications qu’elle développe, extrait par exemple toutes sortes de données des réseaux sociaux, dans lesquels les utilisateurs expriment et échangent des avis sur une multitude de contenus et de services, comme les films, les voyages, la musique, etc. Elle stocke également, dans des systèmes de bases de données de nouvelle génération, les associations entre personnes (amis, collègues, frères ou soeurs).
L’objectif : Elever l’intelligence collective
«Utiliser des logiciels capables de comprendre et d’organiser automatiquement de vastes pans de connaissances, de groupes, d’organisations et de communautés peut permettre d’atteindre des niveaux plus élevés d’intelligence collective et de se dépatouiller avec des volumes d’information, qui sont beaucoup trop importants pour que des individus, ou même des groupes d’individus, puissent les appréhender par eux-mêmes», explique Spivak.
Cela existe déjà avec les flux RSS, le XML, et les nouveaux formats pour structurer intelligemment des données.
Cependant le vrai défi se situe sur l’intégration complète : un web “sensé”, intelligent; un web sémantique capable d’apporter une réponse complète à des requêtes comme: «Je veux passer quelques jours au soleil avec ma femme et mes deux enfants, dans un hôtel avec piscine, la semaine de Noël. Budget net 1.500 euros.»
Un kelkoo3.0 ?














