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Après mon article sur la définition de l’identité numérique mais aussi sur les moyens de la maîtriser je voudrais revenir sur la difficulté de définir l’ensemble des aspects auquel elle fait référence.
La notion d’identité numérique est difficile à cerner et même paradoxale : d’un côté, l’identité numérique n’existe pas formellement sur le Net et c’est un problème. D’un autre côté, cette identité numérique existe bien et c’est également un problème !

Kim Cameron est une spécialiste de cette question. Elle a publié un document en 7 points sur ce que devrait être un système à l’échelle de l’Internet qui permettrait de vraiment gérer notre identité numérique sur Internet. Aujourd’hui, il n’y a tout simplement aucun moyen d’identifier qui fait quoi sur le Net et c’est pour cela que toutes les applications sur le web vous demandent de saisir votre identifiant et votre mot de passe encore et encore. Pénible et peu efficace. Nous sommes submergés par la liste de ces couples identifiants/mots de passe qu’il faut mémoriser et restituer plusieurs fois par jour dans des procédures peu pratiques, toutes semblables et pourtant toutes différentes. C’est pourquoi Kim Cameron milite pour la mise en place d’un système à l’échelle de l’Internet qui permettrait cette identification formelle, unifiée et indépendante des applications qui y auraient recours.

Microsoft avait fait une tentative dans ce sens avec Passport mais qui a échoué pour des raisons que Cameron (qui travaille justement chez Microsoft en tant que « Architect of Identity ») a bien analysé. Voilà pour l’aspect purement technique de l’identité numérique.

Mais, votre identité sur le net ne se résume pas à un aspect technique, tout comme votre identité en tant que personne ne se limite pas aux différents chiffres qui vous désignent auprès des organismes officiels comme votre numéro de sécurité sociale. L’autre versant de la question de votre identité numérique, c’est tout simplement votre image sur le Net. Et tout le monde va rapidement réaliser qu’il est concerné par “son image sur le Net”. Désormais, nous avons tous une présence Internet de plus en plus prégnante et celle-ci va conditionner notre image et même notre réputation.

Googler quelqu’un avant de le rencontrer…
En juillet 2004, une étude conduite par MSN et Harris Interactive trouva que plus d’une personne sur cinq avait cherché des informations en ligne (sur Internet, en utilisant Google par exemple) sur un interlocuteur potentiel dans le domaine professionnel (employé, employeur, partenaire, sous-traitant, etc.). Encore mieux : l’étude démontra également que plus de 40% des personnes interrogées avait aussi eu le réflexe de taper leurs propres noms dans un moteur de recherche pour voir ce que donnaient les résultats.

La Création d’une identité numérique professionnelle, devient une obligation.

Cette pratique est devenue tellement courante qu’on dit même “Googler quelqu’un” pour en savoir plus sur son compte avant un rendez-vous. Bref, que vous vous en réjouissiez ou non, que vous le redoutiez ou pas, vous avez une identité numérique et il va falloir le gérer. Selon le Boston Globe, un nombre incalculable de couples se sont défaits après une requête sur le moteur de recherche. Et Google est devenu aux Etats-Unis le meilleur moyen d’espionner l’autre en donnant accès par exemple aux attendus de jugement de divorces, etc.

Votre identité numérique est comme comme l’écume générée par l’hélice à la proue d’un navire : elle est constituée des multiples traces, actions et contribitions de vos passages répêtés sur le Net. C’est une mémoire bien plus efficace que tout ce que nous avons connus jusque là. C’est quelquefois très utile et cela peut aussi devenir très problèmatique.

Le meilleur exemple de la persistance parfois gênante des traces que nous laissons sur le web a été donné par la dispute entre CNET et Google dans le plus parfait style « arroseur arrosé » !
En juillet 2005, Elinor Mills, un journaliste du site cnet.com publia un article où il expliqua qu’il s’était servi du moteur de recherche Google afin de retrouver des informations sur Eric E. Schmidt (CEO de Google). C’est ainsi qu’Elinor Mills a pu établir qu’Eric E. Schmidt vivait Atherton (Californie), que ses actions Google valaient $1,5 Milliard et qu’il avait organisé (en 2000) un journée de levée de fonds en faveur de la campagne présidentielle d’Al Gore qui lui avait coûté $10 000.

Le service relations publiques de Google n’a pas apprécié et a décidé de bannir CNET pendant un an … Cette histoire amusante (ou effrayante) illustre bien le fait que, désormais, nul ne peut échapper à l’ombre de son identité numérique !

Aujourd’hui, il est plus difficile d’être anonyme que recensé sur le web et pourtant, rien n’est pire que de ne pas l’être, car alors, si Google ne vous recense pas, c’est comme si vous n’existiez pas…

Je conclue sur cette note plutôt négative mais aujourd’hui beaucoup d’internautes profitent des services Web2.0, sans forcément voir la portée de leurs actions à l’échelle d’une identité.
De plus je travaille actuellement sur la création d’une identité numérique professionnelle, définit par une charte et des résultats précis. Mon service devrait voir le jour assez rapidement. A Suivre dans un avenir proche…

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